Lésions parodontales d’origine orthodontique

I. Typologie parodontale:

Un facteur important intervient dans la réponse aux forces orthodontiques; il s’agit de l’épaisseur des tissus parodontaux tant superficiels que profonds.
La classification typologique selon Pougatch ; nous avons trois types de parodonte:


Le parodonte épais : impliquant un os alvéolaire présentant une partie osseuse trabéculaire sur la quasi-totalité de sa hauteur, tant au niveau interproximal que vestibulaire et lingual ou palatin. Cet os est protégé par une gencive de hauteur et d’épaisseur importante.
Le parodonte fin : l’os alvéolaire présente sur une partie importante de sa hauteur, le plus souvent sur ses faces externes (vestibulaire et linguale ou palatine), une corticale fine protégée par une gencive peu épaisse et peu haute.

La dysharmonie dentoparodontale (DDP) : du fait d’une éruption dentaire ectopique (DDP localisée) ou de problèmes morphogénétiques (DDP généralisée), les procès alvéolaires présentent des déhiscences osseuses primitives sur de nombreuses, voire toutes les faces vestibulaires et/ou linguales et palatines.





II. Effets des forces orthodontiques sur le parodonte profond:

L’effet des forces orthodontiques, très différentes des forces occlusales par leur intensité et leur durée d’application, sur le parodonte profond, est fonction :
•  l’intensité de la force (légère ou lourde)
•  la direction de la force par rapport à la paroi alvéolaire (force de pression ou force de tension).


Du point de vue du parodontiste, l’utilisation de forces légères, sauf cas particulier, sera préférée comme permettant une meilleure adaptation des structures du parodonte profond et minimisant la création de facteurs anatomiques de risque (déhiscences osseuses).
Selon le type de mouvement orthodontique, les réactions histologiques peuvent être :
Dans le cas d’une ingression dentaire, selon que la racine soit conique ou cylindrique, il y a une force de pression dans la totalité ou la partie apicale, ce qui entraîne des phénomènes prédominants d’ostéolyse.

 

Dans le cas d’une égression, il y a des forces de tension dans tout le desmodonte, entraînant des phénomènes d’apposition osseuse et d’extension gingivale.
Dans le cas d’une translation, il y a pression sur toute une face de la racine et tension sur l’autre.
Dans le cas d’une rotation, il y a autour de l’hypomochlion, pression cervicale du côté d’effet de la force et apicale de l’autre, Les phénomènes de tension sont symétriquement opposés.
Le sujet jeune, enfant et adolescent, présente plus de fibroblastes desmodontaux que l’adulte, ce qui permet des remaniements tissulaires plus rapides.


III. Effets des forces orthodontiques sur le parodonte superficiel:

La position de la ligne mucogingivale demeure tout au long de la vie après achèvement de la croissance.
Même après chirurgie apicalisée, cette limite tissulaire retrouve sa position d’origine après quelques années.
Un mouvement de version vers la ligne mucogingivale va comprimer la gencive et diminuer la hauteur gingivale, et un mouvement inverse va étirer la gencive et augmente sa hauteur.


IV. Effets des forces orthodontiques sur le parodonte pathologique:

En présence de plaque bactérienne (biofilm bactérien), un traitement orthodontique est susceptible de transformer une gingivite en parodontite (du type parodontite de l’adulte) et/ou d’aggraver une parodontite préexistante, ceci étant fonction du type d’ancrage (rétention bactérienne), du type de force utilisée et du sens du mouvement orthodontique (l’ingression et la version étant plus pathogènes que l’égression).


V. Effets des forces orthodontiques sur le parodonte réduit:

Les parodontites aboutissent à une alvéolyse plus ou moins sévère, réduisant ainsi le support osseux des dents atteintes.
Lorsque la destruction tissulaire est arrêtée par le contrôle de l’infection et de l’inflammation, un traitement orthodontique des malpositions dentaires primaires ou secondaires est souvent nécessaire.
La question se pose alors de la tolérance de ce parodonte réduit au déplacement orthodontique.
Les dents peuvent être déplacées sans effet iatrogène dans un parodonte réduit, mais sain, avec des forces légères.
Ce qui signifie que les malpositions associées aux parodontolyses pourront être traitées, dans un but fonctionnel et esthétique, après guérison parodontale.
Il faut noter que dans certains cas, le traitement parodontal peut à lui seul entraîner une correction spontanée de certaines migrations dentaires.




VI. Lésions parodontales d’origine orthodontique:

1. Gingivites et orthodontie:

L’insertion de bagues intrasulculaires, les substances de collage et la rétention bactérienne facilitent le développement de gingivites per-orthodontiques.
Au cours des traitements orthodontiques, la clinique montre souvent des hypertrophies gingivales essentiellement papillaires qui disparaissent le plus souvent spontanément après dépose des appareillages.
Toutefois, une suppression chirurgicale peut être nécessaire pour faciliter les déplacements dentaires.

 

2. Parodontolyse d’origine orthodontique:

Des alvéolyses ont été constatées chez des sujets jeunes ou adultes consécutivement aux traitements orthodontiques.
Ce sont des parodontites débutantes qui paraissent réversibles chez les sujets jeunes et irréversibles chez l’adulte.
Elles sont liées à la rétention bactérienne et doivent se stabiliser après la dépose des ancrages et l’instauration d’un contrôle bactérien optimal.

 

3. Elastosyndesmotomie:

Il s’agit d’une parodontolyse déclenchée par le glissement intrasulculaire, puis desmodontal d’élastiques orthodontiques destinés le plus souvent à refermer un diastème médian.
Ces lésions peuvent aboutir à l’expulsion des deux dents concernées, à la suite de l’accumulation des élastiques en direction apicale

 

4. Rhizalyses et résorption radiculaires:

L’application des forces orthodontiques entraîne non seulement des remaniements desmodontaux et osseux, mais aussi, assez souvent des phénomènes clastiques, cémentaires et dentinaires.
Ces atteintes de la structure radiculaire se traduisent par des résorptions latérales et surtout apicales.

 

 



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