Prévention de la récidive en orthodontie

 La récidive est un nouvel accès de maladie qui revient après une guérison avérée. On peut la distinguer de la rechute par la réapparition de symptômes après une guérison apparente. En orthopédie dento-faciale la distinction entre récidive et rechute étant difficile à discerner, les deux termes sont employés pour désigner le retour de la malposition ou la malocclusion après correction.


Prévention de la récidive en orthodontie


I- Les facteurs de récidive:

1. La croissance résiduelle:

La croissance de la mandibule s’achève après celle du maxillaire. Ce phénomène est favorable à la contention des classes II, et défavorable dans le cas de classe III.


2. Le facteur musculaire:

Il existe une très forte interrelation entre la forme et la fonction; un déséquilibre des fonctions oro-faciales peut être responsable de l’apparition des malocclusions.

Si après le traitement, les pressions musculaires de la sphère buccale s’équilibre d’une manière qui ne correspond pas aux formes d’arcades, la récidive est assurée. 


La rééducation des dysfonctions oro-faciales est indispensable dans la recherche de la stabilité des traitements.



3. Le facteur fonctionnel:

A. La ventilation orale: 

Présente de multiple répercussions négatives sur l’accomplissement des autres fonctions oro-faciales mais aussi sur la posture. L’obtention d’une ventilation nasale optimale peut demander l’intervention d’un ORL afin de traiter l’obstruction nasale et/ou pharyngée, mais également l’intervention d’un allergologue.


B. La déglutition dysfonctionnelle: 

Avec pulsion linguale, mais aussi les troubles de la phonation peuvent être responsable de la réapparition de béance et de surplomb.


C. La mastication dysfonctionnelle: 

Notamment l’unilatérale dominante.


D. Les para-fonctions: 

Comme la succion digitale, tétée de la langue doivent être éliminées afin de stabiliser les résultats. L’aide d’un orthophoniste est très bénéfique.

Donc rééducation des fonctions oro-faciales.


4. Le facteur desmodontale:

Le déplacement dentaire provoque un étirement des fibres gingivales du ligament alvéolo-dentaire. Cette mise en tension cherche à ramener les dents vers leur position initiale.

Les mouvements de rotation et de fermeture d’espace sont les plus sensibles à l’action récidivante des fibres desmodontales.


La récidive est très rapide, elle débute dans les 2 heures qui suivent l’arrêt d’application des forces, puis se prolonge à moindre vitesse durant plusieurs jours. 

La réorganisation complète des fibres desmodontales est très longue, elle peut prendre jusqu’à 3 ou 4 ans.

Cette phase de remaniement est encore plus longue chez l’adulte.



5. Les facteurs dentaires:

A. L'occlusion :

Statique : moins l’engrènement de fin de traitement est profond, plus grands sont les risques de récidive. Ainsi, un défaut de calage ou de centrage sont d’importants facteurs de récidive des traitements orthodontiques.


Dynamique : il est important d’obtenir un équilibre cinétique permettant une protection mutuelle lors des mouvements d’excursion mandibulaire, guidage antérieur et désocclusion postérieure lors de la propulsion, fonction canine ou groupe, symétrie de l’abaissement mandibulaire lors des mouvements de latéralité à droite et à gauche.


B. Mauvaise orientation du plan d’occlusion: 

Les courbes de compensations inexistantes ou exagérées peuvent mener un guidage non équilibré, donc instabilité des résultats.


C. Phénomène de dentition: 

La responsabilité des 3èmes molaires dans l’apparition des malpositions, notamment à la mandibule est sujette à controverse, il a été évoqué que leur poussée en direction mésiale pourrais exercer une pression sur la denture favorisant ainsi l’apparition de malposition.


La stratégie la plus importante serait un contrôle régulier de l’évolution des 3èmes molaires.


6. L'anatomie dentaire: 

Certaines Incisives supérieures présentent sur leurs faces palatines de très fortes crêtes marginales qui peuvent se prolonger jusqu’au bord libre. Ces Incisives en pelle fréquemment retrouvées dans les les populations asiatiques peuvent être responsables d’encombrement au niveau du secteur mandibulaire du fait d’excès de contacts occlusaux.



II. Récidive et maturation physiologique: 

Il ne faut pas confondre récidive et vieillissement ou maturation physiologique des arcades. La récidive ne peut être évoquée que lorsque le patient a subi un traitement orthodontique alors que le vieillissement existe chez le sujet traité ou non.


La distinction entre récidive et maturation physiologique n’est pas toujours évidente.

La récidive se définit par le retour vers la situation initiale et se manifeste généralement rapidement après la fin du traitement. Au contraire, si les malpositions apparaissent plus tardivement au-delà de 4 ou 5 années après la fin du traitement et qu’elles n’ont pas de rapport avec la malocclusion initiale.



III. Prévention de la récidive: 

Passe par un traitement bien donné, parfaitement adapté au patient, et donc conditionné par l’élaboration d’un plan de traitement individualisé. 


1. Equilibre fonctionnel et qualité de l’occlusion de fin de traitement: 

A. Recherche d’un équilibre fonctionnel:

La correction précoce du déficit transversal maxillaire participe à l’établissement d’un environnement fonctionnel harmonieux, indispensable à la stabilité du traitement, la rééducation fonctionnelle par kinésithérapie et orthophonie potentialise la pérennité des résultats.


B. Respects des objectifs idéaux d’occlusion de fin de traitement: 

Ne se limite pas à l’esthétique du sourire, elle doit permettre l’établissement d’une occlusion équilibrée avec un calage, un centrage et un guidage optimaux, concordance entre l’ICM et la RC (dans le sens frontal pas de décalage, dans le sens antéro-post un décalage de 1 à 2 mm) répartition généralisée symétrique des points de contact (selon Ricketts : 24 points), engrènement profond; recherche de contact tripodique dans les secteurs postérieurs. 

Coordination et symétrie des formes d’arcades.


Certains auteurs préconisent une sur correction des malpositions et malocclusions, mais il est impossible de prédire l’intensité de retour de la dent vers sa situation idéale, et l’occlusion de fin de traitement risque d’être instable et dysfonctionnelle.


2. Mesure complémentaire et procédé de stabilisation corono-plastie et chirurgie parodontale.

La contention individualisée.



IV. La contention en orthodontie:

La durée de la contention sera en fonction des anomalies traitées au moyenne avec un port continu puis discontinu des dispositifs amovibles.


La durée de la contention varie selon la croissance de l’enfant sera favorable ou non favorable.


Les dispositifs utilisés: 

Les récidives apparaissent très précocement, la première 24h le taux de récidive est plus important, il importe que le dispositif de contention sera mis en place dès que l’appareil actif est enlevé.


A. Tooth positionner : 

C’est une gouttière soit préfabriquée ou sur mesure; elle est réalisée sur un meulage placé en occlusion idéal set-up.

Elle assure une contention efficace lorsqu’elle est portée quelques heures par jour.


B. Dispositifs amovibles de contention: 

1. Gouttière en résine auto polymérisable: 

Indiquée après traitement de la supraclusie.


2. Plaque de SEPHEDE avec gouttière: 

Elle est destinée à conserver le traitement de la supra-clusie des incisives inférieures.


3. Plaque avec élastique: 

Si le patient souhaite un dispositif peu visible.


4. Plaque de HAWELY: 

Avec ou sans arc vestibulaire sur arcade supérieure ou inférieure allant de molaire à molaire ou de canine à canine.

La partie antérieure peut être épaisse de façon à former un plan horizontal ou incliné qui empêche l’égression des incisives ou le déplacement lingual.


5. Le fil lingual: 

De canine à canine à l’arcade inférieure, fil 9/10ème soudé sur des bagues.


6. Fil torsadé collé: 

De 33 à 44 et sur chaque incisive en cas de rotation axiale.


Ces deux derniers dispositifs sont invisibles peu gênant et peuvent être acceptés jusqu'à la puberté ou l’âge adulte.



V. La surveillance post-contention: 

De point de vue psychique cette période est difficile car tout le monde (patient, parents, praticien) est fatigué.

Il faut insister sur l’importance de la contention.

Après cette période il est souhaitable de surveiller le patient jusqu’à l’évolution des DDS et la fin de croissance.


Cette période de surveillance doit être mise à profit pour renforcer les habitudes régulières d’hygiène, améliorer l’état du parodonte et éviter l’apparition des caries.





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